Communiqué de l'API
La lettre au President de la Republique
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Monsieur le Président,
Dans le contexte des débats du projet de Loi de Finances, et plus particulièrement des articles portant sur la mise en place du passeport biométrique français, l’ensemble de la profession de la photographie souhaite attirer votre attention sur la situation inacceptable dans laquelle elle se trouve, en raison de la nationalisation de fait de son activité de prise de vue d’identité.
Améliorer la sécurité de nos passeports, Oui ! Sacrifier notre économie photographique, Non !
En 2006, un long travail de consultation et de collaboration avec le Ministère de l’Intérieur, a été effectué par l’ensemble des professionnels de la photographie : respect de spécifications techniques strictes, contraintes nouvelles de dimensions, d’éclairage, de position du sujet etc. ! Cela a demandé un investissement conséquent et exigé l’adaptation des professionnels de la photographie et des cabines de prise de photographies d’identité à ce nouvel environnement.
Nous avons joué le jeu ! Et nous y avons mis le prix !
Vous imaginez, dès lors, avec quelle stupéfaction les photographes ont découvert le décret du 30 avril 2008 sur les passeports biométriques, en apprenant que les mairies allaient faire leur travail de prise de vue d’identité…gratuitement ! Et pire encore : non seulement les passeports sont concernés, mais également les cartes nationales d’identité !
Amis photographes, merci pour vos efforts…mais adieu! La France nationalise votre activité !
Rappelons que la France est le seul pays de l’Union Européenne à mettre en place une telle machinerie administrative,hk prévoyant d’installer dans les mairies des stations d’enregistrement qui prendront également les photos. Dans aucun autre pays de l’Union Européenne, même parmi les pays les plus sécuritaires, la mise en place du passeport biométrique ne s’est faite avec un tel mépris de l’économie photographique.
Le coût économique et social de cette concurrence déloyale de l’Etat est considérable ! La prise de vue de photographies d’identité représente 25% à 30% du chiffre d’affaires de certains industriels et professionnels. Cette mesure du Gouvernement va conduire à la perte d’emploi de 7 à 8000 personnes ! Pourquoi tant d’obstination en période de crise économique et sociale, au moment où l’Etat cherche par tous les moyens à sauvegarder et à créer des emplois ?
Adieux boutiques photo de nos centres-villes, adieux cabines publiques, adieux albums photos de mariage et de famille… Bientôt, nous verrons disparaître de nos portefeuilles ces petites photos d’identité chères à nos coeurs!
L’acharnement du Gouvernement à vouloir équiper 2000 mairies de stations biométriques et à priver les photographes de leur activité, et à terme, de leurs emplois, appelle de nombreuses interrogations. Pourquoi tant de détermination, sachant que la prise de vue de photos d’identité ne correspond pas à une activité « régalienne » de l’Etat ? Quelles motivations se cachent véritablement derrière cette décision qui ne repose en rien sur l’incompétence du secteur de la photographie ?
Edvige a fait des petits ! Chers amis citoyens, plus vite que vous ne le croyez, c’est votre carte d’identité qui sera biométrique. A travers la photo de votre carte d’identité, la France s’engage dangereusement sur les traces d’un fichage « visuel » systématique qui fait froid dans le dos ! De plus, il vous sera désormais impossible d’aller dans votre mairie pour changer votre carte d’identité, il vous faudra vous rendre dans l’une des 2000 mairies équipées d’une station d’enregistrement ! Oubliées donc, toutes considérations pour l’égalité de traitement et les problèmes de mobilité ! En province, les personnes âgées ou les personnes à mobilité réduite auront bien de la peine à faire 30 km pour changer leur carte d’identité !
Monsieur le Président, autant d’inconsistances économiques et sociales dans ce projet ne peuvent rester sans réponse. La nationalisation de la prise de vue d’identité et ses conséquences fatales pour l’économie photographique du pays ne peuvent être tolérées. Si la France a vu naître la photographie, que l’Etat français, que vous représentez, ne la fasse pas disparaître.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre plus haute considération.
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