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Marc Héraud, de l'association pour la promotion de l'image, craint pour l'avenir de la profession.
Quelles sont les conséquences de ces stations fixes pour les photographes ?
Près de 8 000 emplois risquent de disparaître du fait de la concurrence
déloyale de ces équipements, qui établiront des photos d'identité
gratuitement. Ce marché représente entre 10 et 30 % du chiffre
d'affaires des enseignes, en plus de ce que ça génère à côté. Une
grande partie des photomatons va aussi être mise au rebut.
Vous dites que la qualité du travail va en pâtir ?
C'est en effet un métier d'expérience qui va passer entre les mains de
personnes formées pour gérer la station fixe. Les photographes ont
coopéré sans problème quand il a fallu appliquer
les normes biométriques. Les règles sont strictes en la matière et ceux
qui vont s'occuper des postes fixes vont le réaliser très vite. Sans
parler des nombreux cas pas faciles à gérer : les enfants, par exemple,
pas forcément dociles, les personnes voilées... Il faut savoir réagir
au cas par cas et être patients. Ça va représenter une surcharge de
travail et des contraintes supplémentaires pour les communes.
Depuis votre mobilisation à Chantilly, première mairie à accueillir un poste fixe, où en êtes-vous avec l'État ?
On a rencontré, le 6 décembre, Éric Woerth, le maire, et ministre du
Budget. Il s'est engagé à étudier avec ses homologues la possibilité de
réserver la prise de vue aux seuls acteurs traditionnels de la photo
d'identité. Ça fait un an que l'on demande une concertation avec le
ministre de l'Intérieur, en vain. Nous avons lancé une action
judiciaire devant le conseil d'État contre le décret du 30 avril 2008.
La France est le seul pays d'Europe à ne pas avoir laissé la prise de
vue aux photographes dans cette histoire de passeport. La photo a été
inventée dans notre pays et on est en train, petit à petit, de la tuer
!
Aux dernières nouvelles, les maires peuvent décider d'effectuer ou non les prises de vue ?
Exact. C'est à présent de leur ressort. Ça ne va pas être facile de
convaincre les 2 000 élus concernés par les stations qu'en laissant la
prise de vue aux photographes, ils vont sauver une économie locale.
Certains administrés aussi ne saisiront pas pourquoi on les envoie chez
un photographe alors qu'en mairie, c'est gratuit. C'est pourquoi on
propose aux maires de signer une charte avec les photographes locaux
pour fixer un prix à ne pas dépasser.
ENTRETIEN avec Marc HERAUD de l'association pour la promotion de l'image
source : MIDI LIBRE edition du 21 janv 2009 / Lire l'article ici
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